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Bonjour tout le monde !
Ca fait un bon moment que je n’ai pas donné de nouvelles (en tout cas sur mon blog, parce que j’ai eu beaucoup d’entre vous par mail, chat ou skype) et j’epsère que vous ne m’en voudrez pas...Ces dernières semaines ont été bien chargées et mes weekends écourtés pour des raisons que vous découvrirez en lisant ce looooooooong article. Comme vous le verrez aussi en lisant, j’avais commencé l’écriture de cet article il y a un mois environ sans jamais avoir le temps de le terminer jusqu’à aujourd’hui.
Voila vous trouverez donc tout ce que j’avais envie de partager avec vous, tout ce qui c’est passé ici depuis un mois.
Bonne lecture !

Un mois déjà !
Ca y’est mon premier mois vient de s’écouler et même un peu plus. Un mois bien rempli en émotions, pleins de découvertes, de chocs culturels et climatiques, d’apprentissage et d’adaptation. Mais aussi un mois fait de frustrations en tout genre, de colère et d’incompréhension, de peurs et d’appréhensions.
Bref, des hauts et des bas comme on en connait où que l’on soit, mais quand même ici les hauts sont plus hauts et les bas bien plus bas…étrange dans un pays aussi plat !
Pas facile de résumer tout ca en quelques mots, mais en gros ça va. Je crois que je ne me suis pas trompée en venant ici, même si pour une première mission j’aurai pu trouver plus facile comme contexte !
Notre petite équipe fonctionne bien, la colocation se passe bien aussi, et même si la vie sociale est réduite au minimum elle est de bonne qualité ! C’est une chance dans un isolement pareil de tomber sur des personnes avec qui le contact est bon, surtout quand on sait qu’on est là pour un bon moment ! Tout ce qu’il nous manque c’est quelques bières bien fraîches histoire de se détendre un peu le temps d’un apéro…du coup c’est Coca et jus de fruits ! Et oui faut jamais dire jamais !!!
Niveau boulot, ça avance, doucement mais sûrement. Les chantiers de construction sont bien lancés maintenant et d’ici la fin du mois 50 maisons seront terminées. 50 autres verront le jour en juillet. Si la météo n’est pas trop capricieuse. Inch’allah !
Ca fait un moment que je n’avais pas écrit, alors je vais essayer de vous résumer les derniers évènements.
24-28 Mai : Séjour à la capitale
7h du matin, Malek a coincé la voiture dans le caniveau….
Notre périple commence bien…et dire qu’on en a pour 12h de route…
C’est la fin du mois, et nous nous rendons à Dhaka pour deux raisons : Caroline et moi devons assister à une formation au bureau de Handicpap International, sur la TVA et autres taxes (programme super alléchant…) et Jean-Pierre doit prendre son avion direction la France pour un aller simple.
On commence le trajet par 30km de piste défoncée…pleine de trous, vive les secousses. Heureusement j’ai pas pris de ptit dej, sinon je crois qu’il aurait été vite expédié !! Au bout de deux heures c’est enfin la route goudronnée, le plus dur est passé ! Petit arrêt à Barisal (première ville sur notre route) pour négociation de contrat de bois et pause déjeuner (+pipi, la seule je précise). Et c’est reparti direction le ferry. Coup de bol cette fois ci il est là et on attend pas. 2h plus tard, retour sur la terre ferme et dernière ligne droite. On arrive à Dhaka il est 19h passées. On est fatigués mais on a encore de l’énergie pour atteindre notre but ultime de la journée : trouver des bières !! On finira par trouver notre bonheur dans un restaurant coréen aseptisé, climatisé et spécial gros porte monnaie. Ah…une bonne petite Heineken….en plus la nourriture est bonne, bref c’est un régal, ça vaut bien une journée de voiture !
Le reste de mon petit séjour à la capitale sera vite résumé :
- formation sur la TVA et sur la taxe remplacée par une formation de 3 jours sur le Bureau des ONG (fameux organisme gouvernemental qui nous met des bâtons dans les roues à coups de contraintes administratives) et ses procédures. Utile voir indispensable pour mener à bien notre projet, mais vraiment pas passionnant.
- Buvage de bières dans le fameux bar « La diplomate ». Le seul qu’on ait trouvé, un peu glauque, plutôt malsain, 100% masculin mais au moins y’a de la bière ! (non non ce n’est pas une obsession…)
- Un petit resto différents chaque soir, faut en profiter et varier les plaisirs !
- Gros dodo dans la chambre d’hôtel climatisée, sur un vrai lit avec un vrai matelas, des vraies toilettes où on peut s’asseoir dessus et même la télé avec TV5.
Voilà. Dhaka est une ville agitée, énorme, polluée, fatigante, bruyante, sale, délabrée, pleine de vie, pleine de couleurs, pleine de misère…
Les quelques jours passés ici sont à la fois déprimants, épuisants et désespérants et à la fois c’est un vrai bol d’air… (pas très pur). Ca fait un bien fou de voir d’autres gens, de pouvoir discuter autour d’un bon repas, de communiquer, d’avoir des lieux où se retrouver après le boulot, de manger autre chose et (promis c’est la dernière fois) de boire quelques bières bien fraiches !
J’y retourne le 22 pour mon extension de visa.
Jean-Pierre est parti, un peu triste mais surtout impatient de retrouver la France après 6 longs mois passés ici. Je suis contente d’avoir fait sa connaissance, 20 ans de terrain et toujours passionné, jamais découragé. Bravo !

2 Juin – Invitation chez notre partenaire
Peu après notre retour de Dhaka et la fin du mois chargée niveau boulot, notre partenaire SBGUP, ONG locale dont je vous reparlerai, nous a invité pour une réunion suivie d’un repas dans leurs bureaux à Sapleza.
Une réunion très longue…et trop souvent en bangla…mais surtout une réunion inutile où on ne fait que brasser du vent…C’est vraiment pas facile de travailler avec un partenaire, surtout quand celui-ci n’en fait qu’à sa tête. Tout ce qui a été dit au cours de ces 3h de réunion, a été oublié j’en suis certaine dans les 30 secondes qui ont suivies…c’est décourageant.
Quant au repas, une vraie épreuve…J’avais réussi à échapper aux fameuses boules blanches gentiment servies au cours de la réunion, mais impossible d’échapper au gavage qui a suivi…Jamais vu ça…on nous a servi d’abord du riz, des légumes et du poissons, puis d’autres légumes et des poissons plus petits, puis encore du riz, puis de la viande, puis encore des légumes, puis encore de la viande, et enfin encore de la viande…et tout ça en l’espace de 10 minutes ! Vraiment pas agréable comme façon de manger, pas le temps de finir un ingrédient qu’on en a déjà deux autres dans l’assiette…et quand on dit « Non merci je n’ai plus faim » et bien ils reviennent à la charge dès et nous resservent de force par surprise…
Mais bon eux au moins ils se font plaisir, ils doivent pas souvent avoir l’occasion de faire des festins comme ça et comme c’est avec notre argent ils vont pas se gêner !
Plus jamais ça, non merci.
4 Juin – Déménagement

Le déménagement tant attendu arrive enfin ! C’est vrai que la situation était plutôt inconfortable pour tout le monde…On vivait dans une maison-bureau comme je vous l’avais expliqué et les employés bangladais venaient donc bosser chez nous, on recevait les fournisseurs sur notre balcon, et en plus de ça on ne changeait pas de lieu de la journée…Donc l’emménagement dans nos nouveaux bureaux est un vrai soulagement. Ils se trouvent à 5min à pied de la maison, et pour s’y rendre on prend un petit chemin a travers les habitations et les ponds (réserves d’eau, sorte de bassins utilisés pour se laver, pour puiser l’eau, et parfois pour pêcher), donc une petite ballade bien sympathique et un vrai bol d’air bien frais !
On a donc maintenant deux grandes pièces avec toilettes et petite cuisine, donnant sur un jardin avec de beaux arbres à goyaves et collées à la maison de notre propriétaire.
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Seule petite ombre au tableau, cet endroit attire les grosses bêbêtes…et oui autant vous dire que je suis en permanence en état d’alerte et d’observation ! Et aller aux toilettes relève d’un dépassement de soi !!!! Il y en une presqu’à chaque fois que j’y vais, donc comme vous vous en doutez je me retiens un maximum. Heureusement Caroline est une passionnée des araignées (et oui il en faut pour tout les goûts) et c’est ma sauveuse à tout moment ! Elle vole à ma rescousse et se fait un plaisir de les prendre en photo ou de les capturer dans un seau pour les admirer….mais en tout cas elle m’en débarrasse à coup sûr (sans les tuer, quand même on ne tue pas les araignées comme elle dit !). Mes autres collègues sont aussi sollicités si besoin et ils doivent bien se foutre de moi…sauf Antoine qui en a aussi une frousse bleue mais qui se contrôle mieux que moi, c’est un mec quand même, faut pas perdre la face !
9 Juin – 2ème visite sur le terrain
Où en sont les travaux ? J’avais bien envie de voir comment avançait la construction des maisons et je suis donc partie pour la matinée avec le reste de l’équipe.
C’est sous la pluie qu’à eu lieu cette petite virée. Fallait me voir quand même, en tongs dans la boue à essayer tant bien que mal de pas glisser et de ne pas laisser mes tongs derrière moi. Une partie du chemin qui mène à Baijora n’est pas pavé et la terre ici est une sorte d’argile qui une fois mouillée est aussi glissante que collante….Encore une fois ils ont du bien se marrer à voir une pauvre blanche empêtrée dans cette galère !
Mais ça valait le coup. Quand on a enfin atteint les premières maisons, j’ai pu voir que le chantier avait bien avancé et que plusieurs maisons étaient déjà presque terminées. A l’heure où j’écris cet article, une quinzaine d’entre elles sont totalement construites et comme je vous disais 50 seront prêtes à la fin du mois.
Les bénéficiaires vont pouvoir en prendre possession et faire les aménagements qu’ils souhaitent. Il va aussi falloir qu’ils se débrouillent pour construire les murs (que pour des raisons budgétaires principalement nous n’avons pas été en mesure de leur fournir) avec leurs propres moyens et pouvoir y emménager.
Ca fait plaisir de voir le résultat concret de notre travail ici…enfin…même si ce n’est que le début puisque d’ici fin décembre on doit en construire 460 !
Les autres parties du projet commencent aussi à se mettre en place et les activités devraient démarrer début juillet.
- Reconstruction de l’école communautaire qui pourra accueillir 150 élèves. Ce volet comprend aussi l’équipement complet de l’école en bureaux, chaises et autres matériels nécessaire + fournitures scolaires pour tous les élèves.
- Construction de bateaux pour la communauté des pêcheurs (environ 30) + fourniture de matériel de pêche (filets…). Sur la photo, le modèle des futurs bateaux.

13 Juin – Barisal, sa mosquée, ses langoustes et son whisky !
Vendredi 13, comme on pouvait s’y attendre journée très spéciale entre poisse et coup de chance.
Nos principaux fournisseurs de bois pour les premières maisons nous on invités à Barisal pour une visite touristique et une dégustation de crevettes (ils sont aussi propriétaires d’un commerce de crevettes).
Barisal est une des principale ville de la région, capitale de la Division (le Bangladesh compte 5 divisions, qui sont ensuite divisées en district puis en Upuzila), elle se trouve à quelques 100 km au nord de Mathbaria, mais comme d’hab il nous faut bien 4h de route…Pour éviter la piste défoncée qui risquait d’être impraticable après une semaine de pluies, on avait décidé de prendre une autre route un peu plus longue mais plus confortable. Seulement pas de bol…on devait prendre un ferry avec la voiture pour traverser un bras de la rivière (peut être une ou deux centaines de mètres) mais en arrivant sur place on apprend que le ferry est en panne….
Solution de rechange, prendre un petit bateau à moteur pour atteindre l’autre rive et continuer la route jusqu’à Barisal en crazy bus …pendant ce temps notre chauffeur ferait la route en sens inverse jusqu’à Mathbaria et prendrait la piste pour nous rejoindre à Barisal (un trajet en crazy bus de nuit pour le retour étant totalement hors de question pour notre survie !).
Tout le monde est d’accord pour cette solution, on voudrait pas abandonner notre petit voyage, on s’est quand même levés à 6h du matin et des crevettes ainsi que du vin nous attendent ! Allez hop en bateau !

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Prendre un crazy bus ne me rassure pas trop…et l’idée d’être entassée dans un bus dégueu ou les sièges sont imbibés de la sueur des précédents passagers me plaît moyennement…Mais bon c’est une nouvelle expérience, ça me permettra de connaître les vraies conditions de transport du pays et puis ce n’est que pour 3h de route et au retour on retrouve notre voiture climatisée alors pas de chochoteries !
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Le voyage n’a pas été si terrible. Même pas de frayeur, puisqu’au fond du bus la vue est masquée par les sièges de devant. J’imagine qu’on a du frôler plusieurs collision de plein front et failli renverser pas mal de rickshaw…mais tout c’est bien passé au final ! Y’avait pas de quoi paniquer !!
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Nos amis les fournisseurs de bois Mr Emayun et ses deux collègues nous emmènent dans une chambre d’hôtel réservée spécialement pour notre venue (la classe hein ?) et enfin je peux aller faire pipi ! Un bon verre d’eau, des pâtisseries, des fruits….un régal !
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Début de la visite touristique.
Direction le lac de Barisal. C’est vrai que l’endroit est sympa, calme et ca doit être pas mal de s’y baigner. Mais on a vite fait le tour.
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2ème étape : la mosquée. C’est une mosquée toute neuve (2007) dont la construction a été entièrement financée par un riche homme d’affaires de la région (voir photo de sa maison dans l’album photo) qui a également financé la construction de plusieurs écoles et collèges à Barisal. On dit qu’il consacre tous ses bénéfices dans des œuvres humanitaires ou religieuses. Sympa le mec ! Pourvu qu’il n’y ait pas encore des sombres histoires de corruption derrière tout ça…je voudrais bien croire qu’il y a dans ce pays des personnes libres de tout soupçon.
Mosquée magnifique, qui en jette, c’est sûr.
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On a même Caroline et moi, à notre plus grande surprise, le droit de voir l’intérieur. Luxe et paillettes, encore.
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Lustre à 15 000 euros, juste pour le plaisir
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Il paraît que les céramiques qui couvrent les murs intérieurs de la mosquée sont phosphorescentes. Pas besoin d’électricité pour prier la nuit ! je suis pas vraiment sûre que ça soit dans un souci écologique…étant donné que la facture mensuelle d’électricité pour l’éclairage extérieur dépasse les 1500 euros !
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A côté de la mosquée se trouvent une madrasa (école coranique) et un pond magnifiquement propre (ça change !) et bien décoré.
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Petite anecdote : sur cette photo je flirte avec l’illégalité. Il est interdit aux femmes de s’assoir à cet endroit…bah quoi je suis debout !
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Et maintenant direction le restaurant, on va enfin manger les crevettes tant attendues ! (8h de route dans la journée quand même ! faut aimer les crevettes !!!).
Mr Emayun a réservé un resto entier pour nous tous seuls. C’est un resto chinois, et on nous amène un menu…mais, panique pas de crevettes…qu’est ce qu’il se passe ? Ils n’ont pas pu en trouver ? non c’est pas possible, l’arnaque !!!
Mais je peux vous dire que quand on a vu arriver les grosses langoustes sur la table on s’est vite sentis rassurés !!!!
Un vrai régal, délicieux. Merci !
Et en guise de vin, nos amis nous avaient dégotés sous le manteau une bouteille de ….whisky !!! Un ptit whisky coca en digeo, ça passe bien. Voilà les alcolos ont enfin leur dose !!! Et nos chers collègues bangladais ne se gêne pas non plus !!!

Une petite photo souvenir, fin de ce weekend pas très reposant. Mais ça fait du bien de voir autre chose, de sortir de Mathbaria et de passer des moments sympas en dehors du boulot avec Babu, Zia et Asad. Bref ça valait le coup
Déception, colère, frustration
Au bout du compte je termine enfin cet article et je m’aperçoit qu’au lieu d’un mois écoulé, il y en a 2 maintenant. Le mois de Juin a été chargé, fatiguant, stressant et difficile. Je rassure tout de suite les deux grandes angoissées, je vais bien. Ce n’est pas sur le plan personnel que je dis ça mais en ce qui concerne le boulot.
Depuis quelque temps (depuis mon arrivée même) toute l’équipe avait des doutes sur l’intégrité et l’honnêteté de notre partenaire, l’ONG locale mentionnée plus haut. Et ces doutes ont été confirmés il y a 3 semaines environ.
On est dans une grosse affaire de ce qu’on appelle trop gentillement « des irrégularités financières » . On a découvert grâce aux témoignages de plusieurs ouvriers qu’ils ne recevaient pas la totalité de leur salaire et la part manquante allait directement dans les poches de notre partenaire.
C’est très difficile de régler un tel problème puisque nous n’avons pas de preuves, seulement la parole des ouvriers contre celle de notre partenaire. Et aussi parce que cette ONG a malheureusement beaucoup d’influence dans la région, au sein de la communauté d’une part et surtout beaucoup de pouvoir et de moyen de pression. Ils n’ont pas hésité à menacer les ouvriers qui avaient parlé de les virer de leur poste sur nos chantiers, et pour certains ces menaces ont été mises à execution, pour d’autres ils ont reçcu des menaces physiques et autres intimidations (dénonciation à la police pour vol ou autre...).
Le problème est en cours de résolution, un audit externe vient d’être mené auprès des ouvriers pour collecter de façon confidentielle bien sûr leurs témoignages et pouvoir estimer le montant des ces irrégularités financières. Maintenant nous attendons l’argent de notre partenaire pour pouvoir rembourser les ouvriers sous-payés ou tout du moins ceux qui ont eu le courage de parler malgré les menaces.
Notre partenariat avait été conclu jusqu’à fin Juin avec dans l’idée de le prolonger jusqu’à la fin du projet. Bien sûr plus question d’extension maintenant.
Donc tout ça prend beaucoup de temps, beaucoup d’énergie et il faut garder son calme face à des connards pareils. Depuis tout ça tous les jeudis on va donc assister au paiment des ouvriers (de 10h à 16h environ...), on surveille tout ça de près, on est le plus vigilent possible.
On se dit qu’on aurait du faire ça plus tôt, ne pas leur faire confiance les yeux fermés, qu’on aurait pu éviter tout ça... On se dit que jamais on aurait du signer un partenariat avec une ONG qu’on ne connaissait pas, dans le pays le plus corrompu au monde. Surtout un partenariat qui consiste à leur verser une somme d’argent pour qu’ils effectuent eux même le versement des salaires....C’était de l’inconscience totale....mais maintenant c’est trop tard et il faut rattraper les dégâts, il faut faire avec encore jusqu’au 30 juin et continuer de serrer la main de ces enfoirés.
Pas facile de garder son calme face à de tels comportements. Essayer de prendre un peu d’argent à une grosse ONG internationale, pourquoi pas, c’est ce qui se passe sûrement dans tous les partenariats (et d’une certaine façon c’est aussi ce que font toutes les ONG françaises et autres en essayant de gonfler au maximum les budgets pour obtenir plus des bailleurs). Mais voler les bénéficiaires du programme, les ouvriers qui bossent 12h par jour pour gagner une misère et nourrir leur famille, vraiment ça me dépasse...Ici ils sont tous dans la même galère et les seuls qui s’en sortent un peu mieux c’est en profitant des plus faibles....
Comme quoi dès que les gens ont un peu de pouvoir, c’est inévitable, il faut qu’il fasse du mal aux autres, qu’ils profitent de leur faiblesses, qu’ils les enfoncent un peu plus....ça me dégoute, ça me rend triste et ça me met en colère..... et pourtant c’est pas une découverte.
Bref à côté de tout ça mes petites galères je les oublie vite (matelas et vêtements moisis qui puent, batterie d’ordinateurs morte, tongs volées...) et de toute façon je n’ai pas le temps d’y penser.
Une seule chose en tête résoudre ce problème sans faire trop de vagues et sans prendre de risques.
Conclusion
Cette fois je m’arrête. Bravo à ceux qui ont lu jusqu’au bout et merci !
Je vais bien, même s’il y a des jours avec et des jours sans. Mon boulot me plaît, c’est difficile parfois, mais je sais pourquoi je le fais.

D’ailleurs, je viens de recevoir mon nouveau contrat et je suis là pour encore un bon moment. J’ai accepté de rester jusqu’à la fin du projet donc jusqu’à fin décembre. Franchement ça se refuse pas ! Et puis j’ai un break France au mois d’octobre, je serais de passage pendant deux semaines.
Dans un mois je retrouve mon chéri en Thaïlande pour une semaine de vacances de rêve, je compte les jours ! (et oui en fait j’ai deux choses dans la tête !!!).
Je vous embrasse tous très fort.
A bientôt.
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