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Salut tout le monde !
Après un mois d’absence sur mon blog, je reviens vous donner quelques nouvelles.
Au programme un weekend à la plage, les ravages de l’eau, les maisons qui attendent leurs murs et les un retour en France qui approche à grand pas.
Vamos a la playa !
Fin septembre, après un mois de ramadan tout le pays se prépare à célébrer l’Eid-ul-Fitr qui clôt ce mois de jeûne. C’est pour les musulmans du Bangladesh la fête la plus importante de l’année (équivalent de notre Noël), le moment de passer quelques jours en famille, de "bien manger" et d’échanger des cadeaux.
A cette occasion il faut faire preuve de générosité en donnant de l’argent aux mendiants, des petits billets aux enfants….
Pour nous, l’Eid sera l’occasion de profiter pour la première fois d’un long weekend et de partir loin de Mathbaria à la découverte d’un lieu « mythique » du Bangladesh : Kuakata.
Après Cox Bazar (à l’est du pays, près de la frontière birmane), Kuakata est à ce qu’on dit ici, la 2ème plus longue plage du monde et une des plus belles. Je vous cache pas qu’après avoir doré ma pilule sur le sable blanc de Thaïlande, je reste très mais alors très sceptique…
Donc Kuakata et sa magnifique plage, seul endroit du pays où l’on peut voir le soleil se lever et se coucher. Kuakata un vrai ptit paradis selon les locaux et les sites Internet. On ne résiste pas à la tentation et malgré les 10h de route qui nous séparent de la mer (bien qu’à 30 km à vol d’oiseau… !), on prend la route tous contents d’aller voir du pays !
Comme d’habitude un voyage en tout anonymat !
Après 10h sur des routes surchargées de bus bondés jusque sur le toit et de rickshaws pédalant sous 40° , 6 ferrys pour traverser des bras de rivières (à quand des investisseurs qui voudraient construire des ponts dans ce pays ???), on arrive enfin à Kuakata à la tombée de la nuit…Coucher de soleil raté !
Première journée de plage. On découvre les joies de la baignade tout habillés dans une mer maronnasse muuum ! Mais ca fait du bien, depuis le temps qu’on rêvait d’une bonne baignade, que les bruits de « Plouf » des enfants qui se jetaient dans les ponds sous notre nez nous narguaient…. ! Alors tant pis si l’eau n’est pas vraiment cristalline, PLOUF !
Avant – après. Mais pourquoi il n’y a pas de matelas sur les chaises longues…. ???
Voilà Kuakata, c’est pas le paradis décrit par les gens du pays, la plage garde encore des séquelles de SIDR, le sable est noir, l’eau marron, les chaises longues sans matelas…Pas de marchand de glace ou de « Chichis, chouchous, beignets ! A la fraise, à la pomme, au chocolat ! », pas de bons resto de fruits de mer, pas de terrasses vue sur la mer pour déguster une bonne…..non non je ne le dirait pas !!!
Kuakata c’est juste deux rues de bouiboui en tôle, quelques hôtels confortables, des restaurants fermés pendant notre séjour (sauf après l’Eid)….et un beau coucher de soleil!
Mais Kuakata c’était au final un bon ptit weekend de détente et ça fait du bien !
10km avant Mathbaria on a cru qu’on allait devoir faire demi tour…
C’était sans compter sur notre super pilote Malek (qui avait sacrifié son weekend en famille pour nous conduire jusqu’à la mer).
Merci Malek ! Eid Mobarak !

Bangladesh : un pays qui se noie
C’est comme ça que beaucoup parlent du Bangladesh, pays de rivières et de fleuves, de mer et de marées.
Le pays est sans cesse menacé par les caprices de la nature et subit chaque année de fortes et nombreuses inondations.
La saison des pluies et la fonte des glaciers de l’Himalaya font grossir les fleuves, et l’ouverture des barrages plus au nord (Inde, Népal) ne font qu’aggraver la situation. Le Bangladesh trop pauvre ou trop corrompu ou les deux, n’a jamais mis en place un système de « contrôle » des ses trop nombreuses rivières et en pays le prix à la fin de la mousson.
Mathbaria et la région ont été épargnées par les inondations cette année, mais l’eau a quand même causé quelques dommages…
La route qui mène à Baijora détruite par les fortes marées de début octobre
La warehouse peut après l’inondation
Un matin en quelques minutes le niveau de la rivière bordant notre warehouse est monté de façon spectaculaire. Antoine qui était sur place a assisté à la mobilisation de l’ensemble des ouvriers pour renforcer et rehausser la digue. En deux minutes une chaîne humaine s’est créée, malheureusement ils n’ont pas réussi à contenir l’eau qui est entrée dans l’entrepôt puis repartie aussi vite qu’elle était venue.

La digue améliorée protègera on l’espère nos matériaux des prochaines montées des eaux.
Comme on dit Inch’Allah.
Nos maisons attendent leurs murs….
Ca y’est nos maisons vont avoir des murs !
Depuis mercredi les bénéficiaires ont à leur disposition des planches de bois (205 chacun !soit 100 000 au total) et des clous pour monter eux-mêmes les murs de leurs maisons. Chaque jour et ce jusqu’à la fin du projet, une dizaine d’entre eux viendra chercher dans notre entrepôt les précieux matériaux qui leur permettront enfin d’occuper leur nouvelle maison.
C’est mieux comme ça non ? En tout cas ça donne un peu plus de sens à ce projet, des maisons c’est bien, des maisons habitées c’est mieux !
En attendant le 30 Octobre
Bientôt 6 mois passés ici…
Comme d’habitude quand on est loin, dans un endroit nouveau, le temps passe à la fois très vite quand on regarde en arrière, mais parfois très lentement au quotidien, quand on compte les jours qui nous séparent de ceux qu’on aime et de nos petites habitudes.
Dans exactement 8 jours à cette heure ci je serai dans notre petit chez nous en train de déguster un bon petit plat que mon chéri m’aura préparé avec amour !
Je pourrais passer une bonne nuit dans un bon lit avec une bonne grosse couette moelleuse entourée de grands bras musclés ( !!!), prendre une douche chaude ou peut être même un bain (on va pas se gêner !), descendre acheter une baguette et des ptits pains au chocolat la la lala !!!, prendre le métro en tout anonymat, commander une pizza, faire la razzia dans les supermarchés, papoter avec mes copines autour de quelques mousses….La belle vie quoi !
En attendant, j’ai fini par m’habituer aux pannes de courant quotidiennes, à mon lit qui pue, aux petits visiteurs du monde animal (le dernier en date : un scorpion dans les toilettes !), au riz, au mojo (Coca local), aux weekends DVD et bouquinage, et à la chaleur qui ne s’en va pas……C’est même parfois difficile de croire que ça n’a pas toujours été comme ça ! A croire que j’y prends goût.
Il y des jours avec et des jours sans. Heureusement beaucoup plus de jours avec.
Ce qu’on fait en vaut la peine (et oui j’y crois encore !), c’est tellement peu pourtant….
Je ne sais pas si j’aurai le temps de vous écrire à nouveau avant mon départ alors je vous dis à tout bientôt à Lyon ! Et pour ceux que je ne verrai pas comme ma ptite veinarde de Célia et son mari, vous aurez de mes nouvelles dès mon retour mi-novembre.
Des bisous à tous.

Notre petite équipe
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Publié à 07:13, le 17/10/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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Bonjour tout le monde !
Un petit résumé rapide des dernières semaines bangladeshi.
Dhaka nous voilà !
Le voyage en photos :
Notre bateau.

Comme d’habitude on attire les foules partout où on passe.
La traversée avec mes fans ! Y’a des jours comme ça, on a pas envie…surtout quand ça dure 3 heures sous un soleil de plomb….

Un beau couché de soleil pour nous faire oublier qu’on a passé toute la journée secoués dans la voiture.

Ca parle tout seul ! Enfin on arrive après 15h de route, une crevaison et 3 litres de transpiration !!!
On passera 2 jours à Dhaka à courir dans tous les sens, bloqués dans les embouteillages, sous 40°, les gaz d'échappement et la poussière....Dakha, je le répète, est une ville fatiguante, qui grouille, et qui donne vite envie de retrouver le calme et l'air pur de Mathbaria. On fait tous nos achats, le plein de nourriture, de bon ptits resto, un bon cheesburger et hop on remonte en voiture!
Notre dernière soirée avec nos collègues de Dhaka (Stéphane, Nancy et Tushar) sur le toit terrasse du Lakeshore un grand hotel de luxe! Faut bien compenser avec les bouiboui de notre campagne!!!
Iftar ou la fête de la friture !
Le ramadan a commencé ici le 2 septembre il s’achèvera le 1er ou le 2 octobre, selon la Lune.
Donc pendant un mois, tous (ou presque) les bangladais jeûnent entre le lever du soleil (4h du matin) et le coucher du soleil (6h15). Et le soir, c’est IFTAR, la rupture du jeûn avec jus de fruit, salade de pois chiches, toutes sortes de beignets de légumes, riz soufflé, dattes et autres fruits frais. Un vrai régal !….
Notre premier IFTAR chez les garçcons
…enfin la première fois, mais il faut savoir qu’ici c’est le même menu tous les soirs pendant un mois…c’est comme ça, pas autrement. Alors au bout de 3 ou 4 Iftar, les beignet plein d’huile ont un peu du mal a passer….
Mes 25 ans… !
La sortie pêche de Zia
Zia notre Assistant Project Manager, est parti une journée en bateau avec les pêcheurs de Bhaijora pour se rendre compte de leur travail (avec leur nouveaux bateaux et filets) et faire un mini reportage photos :

La pêche de la journée !
La vente sur l’eau
La vente à terre
Je suis un peu en panne d’inspiration….vous m’en voudrez pas.
Merci à tous ceux qui ont pensé à moi le jour où j’ai atteint mon quart de siècle. A y’est en route vers la trentaine…. ! Parait que c’est le bel âge….mouais…on verra !
Des gros bisous à vous tous, vous me manquez.
MUAK !

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Publié à 06:04, le 19/09/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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Petit rappel
La première équipe d’urgence de Handicap International a mis les pieds au Bangladesh fin novembre 2007. 4 spécialistes envoyés pour une mission d’évaluation d’un mois environ.
La première proposition de projet a vu le jour début janvier, pour un projet de 9 mois de février à octobre 2008.
Caroline et Antoine sont arrivés début février à Mathbaria où Jean-Pierre (un des membres de l’équipe d’évaluation) les attendait.
Le projet, pour de nombreuses raisons, a été lent à démarrer. Blocage de la part du gouvernement, lenteur administrative pour les diverses autorisations, problèmes logistiques, difficulté d’approvisionnement bancaire, redéfinition des objectifs en fonctions des nouvelles contraintes, élaboration des listes de bénéficiaires,…Sans parler de la lenteur des différents bailleurs de fonds à donner leur réponse définitive quant à l’allocation d’un budget et à son montant…. bref….pendant deux mois la mission a un peu tournée au ralenti et on peut dire que les activités ont réellement démarré en Avril.
Le projet s’intitule « Shelters, Livelihood and Education Response to SIDR affected population in Bhaijora Village ».
Comme son nom l’indique il comporte 3 volets :
- Shelters : reconstruction de 360 shelters (maisons en bois + tôle ondulée, avec base et fondations, répondant aux normes anticycloniques définies par le gouvernement) et réhabilitation d’environ 200 maisons.
- Livelihood : retour aux conditions de vie semblables (ou meilleures) à celles que la population connaissait avant le passage de SIDR à travers la relance des activités économiques génératrices de revenus entre autre.
- Education : reconstruction et/ou réhabilitation d’écoles, dons d’équipements et de fournitures scolaires pour permettre aux élèves du village de reprendre la classe dans de meilleures conditions.
Etant donné le retard pris dès le départ, le projet a été étendu de deux mois supplémentaires et se terminera donc (on l’espère tous !) fin décembre 2008.

Où en est-on en cette fin de mois d’août ?
Voilà donc bientôt 7 mois que le projet a débuté officiellement, mais seulement 5 mois que l’activité a réellement démarré.
Après avoir fait face à toutes les difficultés du début, mais aussi aux nombreux problèmes que nous avons rencontrés au fil des mois, sans oublier la saison des pluies qui est venue perturber légèrement le rythme de travail, l’activité tourne désormais à plein régime et sauf catastrophe naturelle, nous devrions à ce rythme terminer dans les temps.
Voilà donc un premier bilan par activité :
SHELTERS
Objectif initial : 360 reconstructions + 200 réhabilitations
Objectif redéfini : 385 reconstructions + 200 réhabilitations
Objectif atteint à fin août : 150 maisons reconstruites – la réhabilitation commencera au mois de septembre
On peut dire que malgré la saison des pluies et les conditions de travail extrêment pénibles, les travaux n’ont pas pris de retard et les objectifs mensuels en nombre de maisons sont atteints sans problème.
Tout ça grâce à toutes les équipes de charpentiers, maçons et leurs assistants, à tous les family members et aussi et surtout aux conducteurs de rickshaw vans qui acheminent le matériel à la force de leurs jambes dans la boue parfois jusqu'au genoux...
Bravo !
Un seul bémol….Pour des raisons principalement financières, la reconstruction des maisons ne prévoyait pas la couverture des murs…..(incroyable mais vrai !). Il était prévu (ou du moins ils espéraient) que les familles trouveraient et ajouteraient par leurs propres moyens les matériaux pour la couverture des murs (tôle, nattes, bois….).
Quand je suis arrivée et qu’on m’a dit ça, j’ai trouvé ça bizarre et je n’y ai jamais vraiment cru…et je ne suis pas la seule…
Eh bien pas raté ! Seul un tout petit nombre de gens, peu être un peu plus débrouillards, manuels ou tout simplement un tout petit peu moins pauvres, on recouvert eux-mêmes les murs de leur maison et y vivent maintenant. Mais la grande majorité n’a rien fait ou n’a rien pu faire.
On se retrouve avec des supers maisons toutes neuves, au toit en tôle ondulé qui brille au soleil, mais totalement vides… inhabitées…, les gens sont restés dans leurs abris de misère….et attendent….
C’est vraiment triste de voir ça, on se dit à quoi bon faire des maisons si les gens ne peuvent pas y vivre parce qu’on est pas fichus d’y mettre des murs !
Après avoir attendu plus de 8 mois, la construction de leur maison est enfin terminée, mais il manque les murs !!! Vraiment ça fait honte.
Heureusement, tout le monde a la même réaction face à ce problème et on est en train de réétudier le budget et de chercher la meilleure solution pour fournir aux habitants les matériaux nécessaires. On ne partira pas d’ici avec des maisons sans murs inhabitées.
La suite au prochain épisode.
LIVELIHOOD
Objectif initial : un peu vague….à définir selon les besoins énoncés par les habitants de Bhaijora – un volet pêche
Objectif redéfini : construction de 31 bateaux + dons de kits de pêches (filets…) – le reste toujours à définir : reconstruction du marché, distribution d’argent pour que chaque famille puissent investir dans ce dont elle a besoin (acheter un vache, un rickshaw, des graines, des poulets, ….)
Objectif atteint à fin août : 31 bateaux + 31 kits de pêche distribués aux pêcheurs du village (par équipe de 4) – reconstruction du marché et distribution de cash toujours à l’étude
Juste pour info, les filets coûtent le double des bateaux !!!! si si c’est vrai !
L’activité pêche est donc relancée à Bhaijora.
Pour le reste … à suivre.
EDUCATION
Objectif initial : construction de 3 écoles
Objectif redéfini : construction d’une école communautaire + dons de matériels et d’équipements à cette même école ainsi qu’à l’école gouvernementale
Objectifs atteints à fin août : construction de l’école communautaire quasiment terminée, distribution des bancs aux deux écoles
Les différentes étapes de construction de l’école communautaire :
1)La base qui a eu bien du mal à sécher...

2)Préparation de la charpente

3)La charpente

4)La préparation des murs
5)Oh qu'elle est belle!

Elle pourra accueillir 180 élèves répartis dans 4 salles de classe. Elle comporte aussi une salle des profs.
Il ne manque plus qu’a construire une rampe d’accès de la digue jusqu’à l’école et à construire des latrines pour les élèves.
Des tableaux sont commandés et d’autres fournitures scolaires suivront plus tard.
Les bancs construits pour les deux écoles :

Quelques élèves :
Conclusion
C’est un projet qui roule. Qui avance.
C’est un projet qui motive et faire des visites terrain comme on a fait cette semaine, y’a rien de tel pour redonner un coup de boost ! Voir le résultat de tout ce travail, l’avancée des travaux, rencontrer les gens du village, les enfants, boire un thé avec eux….
Parce que le cul derrière son ordi (pardon mamie pour ce vilain mot !!!!) toute la journée on perd un peu le contact avec la réalité et a tendance à oublier pourquoi on est là….à oublier les conditions dans lesquelles les gens vivent, pendant 4 ou 5 mois sous la pluie, avec une maison qui prend l’eau, de la boue jusqu’aux genoux….
Il ne manque plus que la solution pour ces fameux murs pour donner plus de sens à tout ça.
Croisons les doigts aussi pour que la météo soit avec nous jusqu’au bout et nous permettent de terminer ce projet dans les temps.
A bientôt tout le monde !
Des bisous !
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Publié à 08:13, le 29/08/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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Et me voilà de retour au pays comme on dit ! Après quasiment un mois d’absence de correspondance avec vous, je vais essayer de vous résumer ce mois d’Août fort en émotions.
Une semaine de rêve
La dernière mise à jour de ce blog remonte aux looooooongues heures qui ont précédées mon départ tant attendu pour la Thaïlande.
Ca valait le coup d’attendre ! Mais par contre une semaine qu’est ce que c’est court !!!! On s’en rend pas compte quand on bosse, ça nous paraît interminable, on compte les jours qui restent avant le weekend…mais je peux vous le dire maintenant certaines semaines mériteraient d’être bien plus longues…… !
Cette petite escapade en amoureux a vraiment été magique. D’abord parce que ca fait un bien fou de retrouver son ptit chéri après 3 longs mois de séparation. Ensuite parce que la Thaïlande est le pays idéal pour se ressourcer, se détendre, profitez des bonnes choses de la vie !
Pour moi ça été un retour à la « civilisation »…. ! Quel bonheur de retrouver des choses toutes simples mais qui manquent tellement …et je ne parle pas que de la bière bien fraîche, je parle d’un lit qui sent bon, d’une douche chaude, des yaourts natures, d’un menu au restaurant tellement long qu’on ne sait pas quoi choisir (et d’ailleurs on ne fait pas toujours le bon choix…cf. photo du poisson dans l’album). Je parle de pouvoir se balader dans la rue sans avoir tous les regards tournés sur soi, le tout en débardeur ou petite robe légère ! Bref la vie normale et pourtant impossible au Bangladesh….
Vous l’aurez compris, la Thaïlande pour des vacances en amoureux c’est le pied !
Après avoir passé les deux premiers jours à Bangkok, d’une part pour mon renouvellement de visa et d’autre part pour éviter la ruée des thai vers Koh Samet le weekend, on est parti pour cette magnifique petite île de la côte Est.
On a passés 3 jours (bien trop courts…) dans ce petit paradis. Les bungalows sur la plage, le sable blanc et fin, la mer turquoise…..qu’est ce que c’est bon de rien faire !
Bien sûr on a testé le traditionnel massage sur la plage (Bader a adooooré !!!!mumm les mains rugueuses de la masseuse !!!!) et la ballade en scooter autour de l’île, de plage en plage (un peu risqué quand même sur les pistes cabossées, mais j’avais un vrai pilote de compet’ !).
Et puis boire des noix de coco sur la plage, manger au resto les pieds dans le sable, boire une bière bien fraîche allongés sur des coussins face à la mer…..je pourrais en parler des heures….
Je vais m’arrêter là, je voudrais pas vous déprimez plus que ça en cette fin d’été….
Un retour difficile….
Autant vous dire que la séparation a été dure dure…..et le retour à Mathbaria éprouvant….
Pas évident de se séparer à nouveau….
Pas évident après des vacances pareilles de revenir ici … et de reprendre ses marques. Il m’a fallu une bonne dizaine de jours pour me faire à l’idée que j’étais de retour ici et pour deux longs mois….
Mais maintenant, ça va mieux, je me rend compte que presque 3 semaines se sont déjà écoulées et que finalement la fin octobre arrivera bien plus vite que je pense.
Alors on se remet au boulot, on se souvient de pourquoi on est là et on se motive ! hop hop hop !!!
En plus, il faut quand même que je vous le dise, j’ai eu comme qui dirait une promotion !!!! Et oui après 3 mois au poste d’assistante administrateur, grâce à ma collègue Caroline qui a plaidé en ma faveur auprès du siège lors de son passage en France, me voilà Administrateur tout court !!!! En fait ça ne va strictement rien changer dans les faits, même boulot (quoique maintenant j’ai le droit de signer les papiers officiels. D’ailleurs hier j’ai signé mes premières fiches de paie !!!!), même salaire, mais c’est un plus pour mon CV et pour l’après Bangladesh.
Raison de plus pour se remotiver et faire du bon boulot !
Les bangladais rois de la fête !!
Le weekend dernier on était invités au mariage de la sœur d’un de nos collègues (Asad) à Barisal.
On a donc pris le bateau pour se rendre là-bas. Encore une fois, ce voyage est vraiment agréable, même s’il nous a fallu 7h pour faire à peine 100km (!!!!), c’est un vrai moment de détente et les paysages sont magnifiques.
Le soir, veille de la réception (ah oui, j’ai oublié de vous préciser, on était invités à la réception, la cérémonie religieuse ayant déjà eu lieu quasiment un an auparavant….), notre collègue Asad nous a invité chez lui pour rencontrer toute sa famille et nous faire visiter le lieu de la réception et les préparatifs en cours, mais j’y reviendrais !
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Chez lui, en tant que personne du sexe féminin, j’ai eu l’honneur de pouvoir me rendre dans la chambre de la mariée. Grand moment de solitude….elle était la toute belle sur son lit, son henné en train de sécher sur ses mains, entourée de ses cousines, nièces, tantes, et amies….et moi plantée là….avec la vieille tante édentée qui me parlait en bangla…et moi « Bangla nai, bangla nai…. ». J’ai pris un sacré coup de chaud….vous me connaissez, rouge comme une tomate !
Mais il faut croire qu’elles m’ont quand même trouvé sympathique, ou bien elles ont eu pitié…., mais elles m’ont proposé de me décorer une main au hénné, ce que j’ai bien sûr accepté.
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Après ça, nous voilà partis pour la salle de réception, moi avec ma main inutile en train de sécher, Antoine, Zia et Asad + sa famille entassés dans la voiture. On apprend qu’il y aura 850 invités, oh pas grand monde juste la famille et les amis ! Et donc que 20 personnes ont été employées pour cuisiner toute la nuit !
L’atelier d’épluchage d’ail, d’oignons et de gingembre tournait à plein régime !

La bouillie de lait + sucre + riz pour le dessert mijotait, et 2 vaches + la chèvre attendaient gentiment de se faire trancher la gorge….

Et les casseroles attendaient d’être remplies.
Retour dans la maison d’Asad et là on insiste pour nous inviter à diner… Nous qui comptions bien nous faire un bon cheeseburger introuvable à Mathbaria….Nous voilà bon pour l’éternel riz, légumes, viande, poisson….Heureusement on a eu droit à de bonnes crevettes en supplément !
On était leurs invités, ils se devaient de nous faire manger, refuser cette invitation les auraient vexés. Tant pis pour le cheeseburger….
Le lendemain, après une ballade de 2h en rickshaw à travers Barisal et sous un soleil de plomb (et oui la saison des pluies touche à sa fin et on a de belles journées ensoleillées ces derniers temps !), on se fait beaux et on part au mariage.
On s’arrête acheter des fleurs pour la mariée, ma ptite maman tu verrais comment ils font les bouquets….avec du scotch pour attacher les fleurs ensemble…Ils nous on fait une horreur de bouquet qui ressemblait à rien…emballé dans un sac plastique transparent…la honte d’amener ça comme cadeau…mais bon pour 3 EUR le bouquet on va pas se plaindre !
L’épisode mariage fut très court…On est arrivés, il y avait du monde de partout, on s’est assis sur les seules chaises qu’on a trouvé et on a attendu de savoir ce qu’il fallait faire. On nous a emmené voir la mariée, magnifique sur son estrade (elle reste la toute la journée, assise, à se faire prendre en photo…son mari la même mais dans la salle des hommes).
Retour sur nos chaises.
Puis Asad vient nous dire qu’il faut qu’on aille manger. Les garçons en bas avec les hommes et moi (puisque Caroline est toujours sur la route….) en haut avec les femmes. Je me réjoui d’avance ! Il me colle une de ses cousines pour m’accompagner, mais pas bavarde la cousine,….pb de langue ? ou de timidité ? (les filles ici se parlent pas vraiment entre elles quand elles ne se connaissent pas….tellement lobotomisées et habituées à s’écraser et à être invisibles…).
Bref, en entrant dans la salle des filles j’ai découvert ce que peuvent ressentir les Britney Spears et autres stars harcelées par les paparazzis !!!!! Séance photo d’au moins 10 min, toutes les filles défilaient à côté de moi pour se faire prendre en photo avec la ptite blanche (plus très blanche parce que la ballade en rickshaw m’avait valu de beaux coup de soleil….).
Encore un grand moment de solitude…..qui s’est prolongé pendant tout le repas (heureusement ici les gens s’empiffrent en 5 min c’est avalé !). Assise à une table de femmes et enfants, je décide pour moins me faire remarquer de refuser la fourchette que le serveur me propose et donc de manger avec ma main comme tout le monde. ERREUR ! C’est tellement drôle de voir une européenne manger avec ses doigts ! ahahaha !!!!!
Riz, légumes, viandes, et dessert engloutis en 5min top chrono !!! Ouf, je peux enfin retrouver mes copains qui eux aussi ont fini de manger.
Caro arrive enfin, avale son repas en deux deux et vite on s’en va !
Quelle épreuve…
Décidemment, dans ce pays les gens ne s’amusent pas…pas de musique rien, ils viennent, mangent et repartent….même pas un ptit buffet autour duquel se retrouver et discuter…rien…C’est juste l’occasion d’épater les voisins en invitant un maximum de monde. Rien à voir avec ce que je pouvais imaginer des mariages musulmans…Vraiment tout est différent ici.
La poisse….
Enfin en voiture, on est pressés de rentrer à Mathbaria et de déballer toutes les provisions que Caro ramène dans sa valise !
On est un peu en retard sur notre planning…pas sûr de choper le ferry…du coup Asad nous dit que la piste qui mène à Mathbaria est à nouveau praticable et nous assure qu’on passe sans problème avec la voiture…
On décide de lui faire confiance de peur de louper le ferry si on prend l’autre route.
Après 3h de route sans aucun soucis à part une petite crevaison, on se retrouve bloqués devant d’énormes crevasses creusées dans la boue par les camions et les bus….Impossible de passer, Antoine et Zia prennent une moto pour rejoindre Mathbaria, Caroline et moi on fait demi tour, trop de bagages….et surtout on transporte de l’argent pour notre coffre fort. Trop dangereux en moto.
On retourne donc à Barisal pour y passer la nuit et repartir le lendemain par l’autre route !
Sur le chemin, une deuxième roue commence à être mal en point et on doit s’arrêter à plusieurs reprises pour la gonfler…pourvu qu’elle nous lâche pas avant Barisal !!!
Mais dans toute cette poisse on a quand même eu un peu de chance et la roue a tenu bon !
Merci Asad pour tes bons conseils….Et dire qu’on était à 2km à peine de Mathbaria….
Voilà, voilà pour les dernières péripéties… comme je vous le disais ce mois d’Août fut fort en émotions en tout genre !!!!
On a fini par arriver saines et sauves chez nous avec juste un jour de retard !
Les valises de Caro étaient pleines de bonnes choses comme prévu : 1 cubis de rosé, un de rouge, une bouteille de pastis, des saucissons et du pâté de l’Ariège, du fromage, du chocolat, de la moutarde…On se régale !
Ca redonne un peu la pêche et la force de patienter jusqu’à mes vacances !
Je pense toujours bien fort à vous, merci de continuer de suivre mes aventures (je vois le compteur du blog qui tourne pas mal !!).
Je vous embrasse tous.
A tout de suite pour un ptit topo sur l’avancé du projet.
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Publié à 05:17, le 29/08/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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Bonjour à tous,
Quelques nouvelles bien fraîches de Mathbaria city boom boom !
Je vous rassure tout de suite, cette fois ci pas de longues pages d’écriture….

Jamais deux sans trois ?
Peu de choses se passent ici….et malheureusement quand il se passe quelque chose qui sort un peu du quotidien ce n’est jamais agréable….
Après nos déboires avec notre partenaire corrompu, on pensait s’en être sortis et pouvoir reprendre le fil de la mission dans le plus grand calme…on a peut être voulu oublié un peu trop vite qu’on se trouvait dans un pays où la corruption ne laisse aucun répit !
Elle se cache, mais elle est partout. Les gens vivent avec, s’en accommodent, et finissent par ne plus la dénoncer. Et pourtant, certains parlent, certains peut être aussi corrompus que ceux qu’ils dénoncent….
La semaine dernière suite à plusieurs plaintes contre lui, nous avons du licencier un de nos employés pour tentatives de corruption auprès d’un fournisseur et d’autres employés sous ses ordres.
Blessé dans sa fierté, il a décidé de se venger. Il a donc menacé plusieurs de nos employés dont Babu. Menaces qu’on a pris très au sérieux, les gens ne plaisantent pas dans la région (et on a appris entre temps qu’il avait déjà fait de la prison pour corruption, qu’il battait sa femme, qu’il était drogué….tout le village était au courant sauf nous pauvres poires d’expatriés !).
Ambiance….
On est allés porter plainte à la police qui heureusement prend l’affaire au sérieux et est de notre côté car cherche à le coincer depuis un bon moment.
Quel grand moment que cette visite à la police locale ! D’abord les bâtiments, il faut le voir pour le croire, la plupart en tôle et les rares en dur sont dans un état de délabrement triste à voir…..Puis les grands classiques de la police : lenteur, manque d’organisation, difficulté à retranscrire les faits sur papier…auxquels se rajoutent les grands classiques du Bangladesh : interruption de la rédaction de notre déposition pour cause de prière, coupure de courant, bon gros rot après ingurgitation des biscuits et du thé… ! Le tout en se faisant dévorer par des moustiques hargneux qui avaient un faible pour mes pieds de blanche !
Les policiers l’ont cherchés, mais pas trouvé….pas de nouvelles bonnes nouvelles ?
En tout cas rien ne s’est encore passé, on croise les doigts.
Affaire à suivre…..et j’espère que cette fois c’est la dernière…mais comme on dit « Jamais deux sans trois »….
C’est la fête !!!

Et oui on a quand même réussi à faire une petite soirée bien sympathique à Mathbaria !
Antoine tout juste rentré de France les valises pleines de bonnes choses on n’a pas résisté et on a invité tous nos staff et nos deux collègues de Solidarités pour une fiesta à la maison !
Charcutailles, fromages, vin, musique et même champagne !!!!
On a bien mangé, bien bu, bien discuter et même dansé !! Bref une bonne petite soirée comme on les aime. Ca fait un bien fou.

On a pu découvrir les talents de danseur de notre chauffeur Malek (très inspiré des films Boliwood mais trop la classe quand même !), il s’est lâché comme jamais !


Et…petite frayeur en fin de soirée : un serpent dans la salle de bain ! Si si un vrai, vivant qui bouge….L’angoisse, en plus on savait pas si il était dangereux ou pas, et surtout on se demandait comment il avait pu arriver là….(je précise qu’on habite au deuxième étage….). Super Caro, qui n’a peur de rien à donc pris le couteau géant de Kadeja notre cuisinière (voir Album photo) et a littéralement haché la bêbête !

Pour rassurer tout le monde, on a appris le lendemain que ce genre de serpent n’était pas venimeux et qu’on ne risquait rien….Ouf ! mais quand même que d’émotions ! et surtout le mystère plane toujours sur le chemin qu’il a bien pu emprunter pour nous rendre cette petite visite !
La plus longue semaine de ma vie !
Et voila ce soir je pars pour Bangkok. J’arrive pas à y croire, ça y’est on y est !
Et cette semaine m’a paru interminable, tout comme cette longue journée qu’il me reste à passer seule à Dhaka…..

On est parties de Mathbaria lundi matin à bord du fameux bateau pour 22h de voyage sur la rivière. Un voyage vraiment agréable comparé au trajet en voiture. Faut dire qu’on voyage en première classe (faut pas déconner !) et que du coup on a droit à une cabine avec un vrai lit pour dormir, de bons et copieux repas et un pont à l’extérieur rien que pour nous pour profiter du bon air.
On a rencontré des touristes français (si si il y a des touristes au Bangladesh !) qui cherchait un lieu de tranquillité après plusieurs semaines passées dans le brouhaha de l’Inde. Autant dire que de la tranquillité ils ont du en trouver plus que prévu !
Après ce long voyage et quelques formalités à régler au bureau de Dhaka, on a enfin pu profiter des avantages de la civilisation : confort de l’hôtel, restaurants, shopping….que du bonheur !
Maintenant il me reste encore 11h à occuper….
Je décolle à 23h55 pour 10h de vol (je passe par Singapour) et je retrouve mon ptit chéri demain matin !!!!! On va passer une semaine de rêve entre Bangkok et Koh Samet, une petite île qui à l’air totalement paradisiaque.
Des plages, du sable blanc, de la bonne bouffe, des bières bien fraîches, des ptits bungalows, des beaux hôtels, et le tout en amoureux….le vrai bonheur !
Je vous dis donc à très bientôt !
Passez de bonnes vacances et une bonne fête d’Ispagnac pour les chanceux (je compte sur vous pour boire quelque punch à ma santé !).
Je vous embrasse tous très fort, je pense bien à vous tous.
Et je tiens à faire un spécial gros bisous à mon ptit cousin adoré qui ne peut pas encore lire tout ce que je raconte et qui ne sait donc pas que je pense à lui ! Alors svp Ana, Sylvain, si vous pouviez lui dire que Ninine lui fait un énooorme bisous histoire qu’il ne m’oublie pas complètement !
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Publié à 01:28, le 31/07/2008, Dacca Mots clefs : |
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Bonjour tout le monde !
Ca fait un bon moment que je n’ai pas donné de nouvelles (en tout cas sur mon blog, parce que j’ai eu beaucoup d’entre vous par mail, chat ou skype) et j’epsère que vous ne m’en voudrez pas...Ces dernières semaines ont été bien chargées et mes weekends écourtés pour des raisons que vous découvrirez en lisant ce looooooooong article. Comme vous le verrez aussi en lisant, j’avais commencé l’écriture de cet article il y a un mois environ sans jamais avoir le temps de le terminer jusqu’à aujourd’hui.
Voila vous trouverez donc tout ce que j’avais envie de partager avec vous, tout ce qui c’est passé ici depuis un mois.
Bonne lecture !

Un mois déjà !
Ca y’est mon premier mois vient de s’écouler et même un peu plus. Un mois bien rempli en émotions, pleins de découvertes, de chocs culturels et climatiques, d’apprentissage et d’adaptation. Mais aussi un mois fait de frustrations en tout genre, de colère et d’incompréhension, de peurs et d’appréhensions.
Bref, des hauts et des bas comme on en connait où que l’on soit, mais quand même ici les hauts sont plus hauts et les bas bien plus bas…étrange dans un pays aussi plat !
Pas facile de résumer tout ca en quelques mots, mais en gros ça va. Je crois que je ne me suis pas trompée en venant ici, même si pour une première mission j’aurai pu trouver plus facile comme contexte !
Notre petite équipe fonctionne bien, la colocation se passe bien aussi, et même si la vie sociale est réduite au minimum elle est de bonne qualité ! C’est une chance dans un isolement pareil de tomber sur des personnes avec qui le contact est bon, surtout quand on sait qu’on est là pour un bon moment ! Tout ce qu’il nous manque c’est quelques bières bien fraîches histoire de se détendre un peu le temps d’un apéro…du coup c’est Coca et jus de fruits ! Et oui faut jamais dire jamais !!!
Niveau boulot, ça avance, doucement mais sûrement. Les chantiers de construction sont bien lancés maintenant et d’ici la fin du mois 50 maisons seront terminées. 50 autres verront le jour en juillet. Si la météo n’est pas trop capricieuse. Inch’allah !
Ca fait un moment que je n’avais pas écrit, alors je vais essayer de vous résumer les derniers évènements.
24-28 Mai : Séjour à la capitale
7h du matin, Malek a coincé la voiture dans le caniveau….
Notre périple commence bien…et dire qu’on en a pour 12h de route…
C’est la fin du mois, et nous nous rendons à Dhaka pour deux raisons : Caroline et moi devons assister à une formation au bureau de Handicpap International, sur la TVA et autres taxes (programme super alléchant…) et Jean-Pierre doit prendre son avion direction la France pour un aller simple.
On commence le trajet par 30km de piste défoncée…pleine de trous, vive les secousses. Heureusement j’ai pas pris de ptit dej, sinon je crois qu’il aurait été vite expédié !! Au bout de deux heures c’est enfin la route goudronnée, le plus dur est passé ! Petit arrêt à Barisal (première ville sur notre route) pour négociation de contrat de bois et pause déjeuner (+pipi, la seule je précise). Et c’est reparti direction le ferry. Coup de bol cette fois ci il est là et on attend pas. 2h plus tard, retour sur la terre ferme et dernière ligne droite. On arrive à Dhaka il est 19h passées. On est fatigués mais on a encore de l’énergie pour atteindre notre but ultime de la journée : trouver des bières !! On finira par trouver notre bonheur dans un restaurant coréen aseptisé, climatisé et spécial gros porte monnaie. Ah…une bonne petite Heineken….en plus la nourriture est bonne, bref c’est un régal, ça vaut bien une journée de voiture !
Le reste de mon petit séjour à la capitale sera vite résumé :
- formation sur la TVA et sur la taxe remplacée par une formation de 3 jours sur le Bureau des ONG (fameux organisme gouvernemental qui nous met des bâtons dans les roues à coups de contraintes administratives) et ses procédures. Utile voir indispensable pour mener à bien notre projet, mais vraiment pas passionnant.
- Buvage de bières dans le fameux bar « La diplomate ». Le seul qu’on ait trouvé, un peu glauque, plutôt malsain, 100% masculin mais au moins y’a de la bière ! (non non ce n’est pas une obsession…)
- Un petit resto différents chaque soir, faut en profiter et varier les plaisirs !
- Gros dodo dans la chambre d’hôtel climatisée, sur un vrai lit avec un vrai matelas, des vraies toilettes où on peut s’asseoir dessus et même la télé avec TV5.
Voilà. Dhaka est une ville agitée, énorme, polluée, fatigante, bruyante, sale, délabrée, pleine de vie, pleine de couleurs, pleine de misère…
Les quelques jours passés ici sont à la fois déprimants, épuisants et désespérants et à la fois c’est un vrai bol d’air… (pas très pur). Ca fait un bien fou de voir d’autres gens, de pouvoir discuter autour d’un bon repas, de communiquer, d’avoir des lieux où se retrouver après le boulot, de manger autre chose et (promis c’est la dernière fois) de boire quelques bières bien fraiches !
J’y retourne le 22 pour mon extension de visa.
Jean-Pierre est parti, un peu triste mais surtout impatient de retrouver la France après 6 longs mois passés ici. Je suis contente d’avoir fait sa connaissance, 20 ans de terrain et toujours passionné, jamais découragé. Bravo !

2 Juin – Invitation chez notre partenaire
Peu après notre retour de Dhaka et la fin du mois chargée niveau boulot, notre partenaire SBGUP, ONG locale dont je vous reparlerai, nous a invité pour une réunion suivie d’un repas dans leurs bureaux à Sapleza.
Une réunion très longue…et trop souvent en bangla…mais surtout une réunion inutile où on ne fait que brasser du vent…C’est vraiment pas facile de travailler avec un partenaire, surtout quand celui-ci n’en fait qu’à sa tête. Tout ce qui a été dit au cours de ces 3h de réunion, a été oublié j’en suis certaine dans les 30 secondes qui ont suivies…c’est décourageant.
Quant au repas, une vraie épreuve…J’avais réussi à échapper aux fameuses boules blanches gentiment servies au cours de la réunion, mais impossible d’échapper au gavage qui a suivi…Jamais vu ça…on nous a servi d’abord du riz, des légumes et du poissons, puis d’autres légumes et des poissons plus petits, puis encore du riz, puis de la viande, puis encore des légumes, puis encore de la viande, et enfin encore de la viande…et tout ça en l’espace de 10 minutes ! Vraiment pas agréable comme façon de manger, pas le temps de finir un ingrédient qu’on en a déjà deux autres dans l’assiette…et quand on dit « Non merci je n’ai plus faim » et bien ils reviennent à la charge dès et nous resservent de force par surprise…
Mais bon eux au moins ils se font plaisir, ils doivent pas souvent avoir l’occasion de faire des festins comme ça et comme c’est avec notre argent ils vont pas se gêner !
Plus jamais ça, non merci.
4 Juin – Déménagement

Le déménagement tant attendu arrive enfin ! C’est vrai que la situation était plutôt inconfortable pour tout le monde…On vivait dans une maison-bureau comme je vous l’avais expliqué et les employés bangladais venaient donc bosser chez nous, on recevait les fournisseurs sur notre balcon, et en plus de ça on ne changeait pas de lieu de la journée…Donc l’emménagement dans nos nouveaux bureaux est un vrai soulagement. Ils se trouvent à 5min à pied de la maison, et pour s’y rendre on prend un petit chemin a travers les habitations et les ponds (réserves d’eau, sorte de bassins utilisés pour se laver, pour puiser l’eau, et parfois pour pêcher), donc une petite ballade bien sympathique et un vrai bol d’air bien frais !
On a donc maintenant deux grandes pièces avec toilettes et petite cuisine, donnant sur un jardin avec de beaux arbres à goyaves et collées à la maison de notre propriétaire.
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Seule petite ombre au tableau, cet endroit attire les grosses bêbêtes…et oui autant vous dire que je suis en permanence en état d’alerte et d’observation ! Et aller aux toilettes relève d’un dépassement de soi !!!! Il y en une presqu’à chaque fois que j’y vais, donc comme vous vous en doutez je me retiens un maximum. Heureusement Caroline est une passionnée des araignées (et oui il en faut pour tout les goûts) et c’est ma sauveuse à tout moment ! Elle vole à ma rescousse et se fait un plaisir de les prendre en photo ou de les capturer dans un seau pour les admirer….mais en tout cas elle m’en débarrasse à coup sûr (sans les tuer, quand même on ne tue pas les araignées comme elle dit !). Mes autres collègues sont aussi sollicités si besoin et ils doivent bien se foutre de moi…sauf Antoine qui en a aussi une frousse bleue mais qui se contrôle mieux que moi, c’est un mec quand même, faut pas perdre la face !
9 Juin – 2ème visite sur le terrain
Où en sont les travaux ? J’avais bien envie de voir comment avançait la construction des maisons et je suis donc partie pour la matinée avec le reste de l’équipe.
C’est sous la pluie qu’à eu lieu cette petite virée. Fallait me voir quand même, en tongs dans la boue à essayer tant bien que mal de pas glisser et de ne pas laisser mes tongs derrière moi. Une partie du chemin qui mène à Baijora n’est pas pavé et la terre ici est une sorte d’argile qui une fois mouillée est aussi glissante que collante….Encore une fois ils ont du bien se marrer à voir une pauvre blanche empêtrée dans cette galère !
Mais ça valait le coup. Quand on a enfin atteint les premières maisons, j’ai pu voir que le chantier avait bien avancé et que plusieurs maisons étaient déjà presque terminées. A l’heure où j’écris cet article, une quinzaine d’entre elles sont totalement construites et comme je vous disais 50 seront prêtes à la fin du mois.
Les bénéficiaires vont pouvoir en prendre possession et faire les aménagements qu’ils souhaitent. Il va aussi falloir qu’ils se débrouillent pour construire les murs (que pour des raisons budgétaires principalement nous n’avons pas été en mesure de leur fournir) avec leurs propres moyens et pouvoir y emménager.
Ca fait plaisir de voir le résultat concret de notre travail ici…enfin…même si ce n’est que le début puisque d’ici fin décembre on doit en construire 460 !
Les autres parties du projet commencent aussi à se mettre en place et les activités devraient démarrer début juillet.
- Reconstruction de l’école communautaire qui pourra accueillir 150 élèves. Ce volet comprend aussi l’équipement complet de l’école en bureaux, chaises et autres matériels nécessaire + fournitures scolaires pour tous les élèves.
- Construction de bateaux pour la communauté des pêcheurs (environ 30) + fourniture de matériel de pêche (filets…). Sur la photo, le modèle des futurs bateaux.

13 Juin – Barisal, sa mosquée, ses langoustes et son whisky !
Vendredi 13, comme on pouvait s’y attendre journée très spéciale entre poisse et coup de chance.
Nos principaux fournisseurs de bois pour les premières maisons nous on invités à Barisal pour une visite touristique et une dégustation de crevettes (ils sont aussi propriétaires d’un commerce de crevettes).
Barisal est une des principale ville de la région, capitale de la Division (le Bangladesh compte 5 divisions, qui sont ensuite divisées en district puis en Upuzila), elle se trouve à quelques 100 km au nord de Mathbaria, mais comme d’hab il nous faut bien 4h de route…Pour éviter la piste défoncée qui risquait d’être impraticable après une semaine de pluies, on avait décidé de prendre une autre route un peu plus longue mais plus confortable. Seulement pas de bol…on devait prendre un ferry avec la voiture pour traverser un bras de la rivière (peut être une ou deux centaines de mètres) mais en arrivant sur place on apprend que le ferry est en panne….
Solution de rechange, prendre un petit bateau à moteur pour atteindre l’autre rive et continuer la route jusqu’à Barisal en crazy bus …pendant ce temps notre chauffeur ferait la route en sens inverse jusqu’à Mathbaria et prendrait la piste pour nous rejoindre à Barisal (un trajet en crazy bus de nuit pour le retour étant totalement hors de question pour notre survie !).
Tout le monde est d’accord pour cette solution, on voudrait pas abandonner notre petit voyage, on s’est quand même levés à 6h du matin et des crevettes ainsi que du vin nous attendent ! Allez hop en bateau !

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Prendre un crazy bus ne me rassure pas trop…et l’idée d’être entassée dans un bus dégueu ou les sièges sont imbibés de la sueur des précédents passagers me plaît moyennement…Mais bon c’est une nouvelle expérience, ça me permettra de connaître les vraies conditions de transport du pays et puis ce n’est que pour 3h de route et au retour on retrouve notre voiture climatisée alors pas de chochoteries !
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Le voyage n’a pas été si terrible. Même pas de frayeur, puisqu’au fond du bus la vue est masquée par les sièges de devant. J’imagine qu’on a du frôler plusieurs collision de plein front et failli renverser pas mal de rickshaw…mais tout c’est bien passé au final ! Y’avait pas de quoi paniquer !!
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Nos amis les fournisseurs de bois Mr Emayun et ses deux collègues nous emmènent dans une chambre d’hôtel réservée spécialement pour notre venue (la classe hein ?) et enfin je peux aller faire pipi ! Un bon verre d’eau, des pâtisseries, des fruits….un régal !
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Début de la visite touristique.
Direction le lac de Barisal. C’est vrai que l’endroit est sympa, calme et ca doit être pas mal de s’y baigner. Mais on a vite fait le tour.
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2ème étape : la mosquée. C’est une mosquée toute neuve (2007) dont la construction a été entièrement financée par un riche homme d’affaires de la région (voir photo de sa maison dans l’album photo) qui a également financé la construction de plusieurs écoles et collèges à Barisal. On dit qu’il consacre tous ses bénéfices dans des œuvres humanitaires ou religieuses. Sympa le mec ! Pourvu qu’il n’y ait pas encore des sombres histoires de corruption derrière tout ça…je voudrais bien croire qu’il y a dans ce pays des personnes libres de tout soupçon.
Mosquée magnifique, qui en jette, c’est sûr.
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On a même Caroline et moi, à notre plus grande surprise, le droit de voir l’intérieur. Luxe et paillettes, encore.
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Lustre à 15 000 euros, juste pour le plaisir
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Il paraît que les céramiques qui couvrent les murs intérieurs de la mosquée sont phosphorescentes. Pas besoin d’électricité pour prier la nuit ! je suis pas vraiment sûre que ça soit dans un souci écologique…étant donné que la facture mensuelle d’électricité pour l’éclairage extérieur dépasse les 1500 euros !
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A côté de la mosquée se trouvent une madrasa (école coranique) et un pond magnifiquement propre (ça change !) et bien décoré.
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Petite anecdote : sur cette photo je flirte avec l’illégalité. Il est interdit aux femmes de s’assoir à cet endroit…bah quoi je suis debout !
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Et maintenant direction le restaurant, on va enfin manger les crevettes tant attendues ! (8h de route dans la journée quand même ! faut aimer les crevettes !!!).
Mr Emayun a réservé un resto entier pour nous tous seuls. C’est un resto chinois, et on nous amène un menu…mais, panique pas de crevettes…qu’est ce qu’il se passe ? Ils n’ont pas pu en trouver ? non c’est pas possible, l’arnaque !!!
Mais je peux vous dire que quand on a vu arriver les grosses langoustes sur la table on s’est vite sentis rassurés !!!!
Un vrai régal, délicieux. Merci !
Et en guise de vin, nos amis nous avaient dégotés sous le manteau une bouteille de ….whisky !!! Un ptit whisky coca en digeo, ça passe bien. Voilà les alcolos ont enfin leur dose !!! Et nos chers collègues bangladais ne se gêne pas non plus !!!

Une petite photo souvenir, fin de ce weekend pas très reposant. Mais ça fait du bien de voir autre chose, de sortir de Mathbaria et de passer des moments sympas en dehors du boulot avec Babu, Zia et Asad. Bref ça valait le coup
Déception, colère, frustration
Au bout du compte je termine enfin cet article et je m’aperçoit qu’au lieu d’un mois écoulé, il y en a 2 maintenant. Le mois de Juin a été chargé, fatiguant, stressant et difficile. Je rassure tout de suite les deux grandes angoissées, je vais bien. Ce n’est pas sur le plan personnel que je dis ça mais en ce qui concerne le boulot.
Depuis quelque temps (depuis mon arrivée même) toute l’équipe avait des doutes sur l’intégrité et l’honnêteté de notre partenaire, l’ONG locale mentionnée plus haut. Et ces doutes ont été confirmés il y a 3 semaines environ.
On est dans une grosse affaire de ce qu’on appelle trop gentillement « des irrégularités financières » . On a découvert grâce aux témoignages de plusieurs ouvriers qu’ils ne recevaient pas la totalité de leur salaire et la part manquante allait directement dans les poches de notre partenaire.
C’est très difficile de régler un tel problème puisque nous n’avons pas de preuves, seulement la parole des ouvriers contre celle de notre partenaire. Et aussi parce que cette ONG a malheureusement beaucoup d’influence dans la région, au sein de la communauté d’une part et surtout beaucoup de pouvoir et de moyen de pression. Ils n’ont pas hésité à menacer les ouvriers qui avaient parlé de les virer de leur poste sur nos chantiers, et pour certains ces menaces ont été mises à execution, pour d’autres ils ont reçcu des menaces physiques et autres intimidations (dénonciation à la police pour vol ou autre...).
Le problème est en cours de résolution, un audit externe vient d’être mené auprès des ouvriers pour collecter de façon confidentielle bien sûr leurs témoignages et pouvoir estimer le montant des ces irrégularités financières. Maintenant nous attendons l’argent de notre partenaire pour pouvoir rembourser les ouvriers sous-payés ou tout du moins ceux qui ont eu le courage de parler malgré les menaces.
Notre partenariat avait été conclu jusqu’à fin Juin avec dans l’idée de le prolonger jusqu’à la fin du projet. Bien sûr plus question d’extension maintenant.
Donc tout ça prend beaucoup de temps, beaucoup d’énergie et il faut garder son calme face à des connards pareils. Depuis tout ça tous les jeudis on va donc assister au paiment des ouvriers (de 10h à 16h environ...), on surveille tout ça de près, on est le plus vigilent possible.
On se dit qu’on aurait du faire ça plus tôt, ne pas leur faire confiance les yeux fermés, qu’on aurait pu éviter tout ça... On se dit que jamais on aurait du signer un partenariat avec une ONG qu’on ne connaissait pas, dans le pays le plus corrompu au monde. Surtout un partenariat qui consiste à leur verser une somme d’argent pour qu’ils effectuent eux même le versement des salaires....C’était de l’inconscience totale....mais maintenant c’est trop tard et il faut rattraper les dégâts, il faut faire avec encore jusqu’au 30 juin et continuer de serrer la main de ces enfoirés.
Pas facile de garder son calme face à de tels comportements. Essayer de prendre un peu d’argent à une grosse ONG internationale, pourquoi pas, c’est ce qui se passe sûrement dans tous les partenariats (et d’une certaine façon c’est aussi ce que font toutes les ONG françaises et autres en essayant de gonfler au maximum les budgets pour obtenir plus des bailleurs). Mais voler les bénéficiaires du programme, les ouvriers qui bossent 12h par jour pour gagner une misère et nourrir leur famille, vraiment ça me dépasse...Ici ils sont tous dans la même galère et les seuls qui s’en sortent un peu mieux c’est en profitant des plus faibles....
Comme quoi dès que les gens ont un peu de pouvoir, c’est inévitable, il faut qu’il fasse du mal aux autres, qu’ils profitent de leur faiblesses, qu’ils les enfoncent un peu plus....ça me dégoute, ça me rend triste et ça me met en colère..... et pourtant c’est pas une découverte.
Bref à côté de tout ça mes petites galères je les oublie vite (matelas et vêtements moisis qui puent, batterie d’ordinateurs morte, tongs volées...) et de toute façon je n’ai pas le temps d’y penser.
Une seule chose en tête résoudre ce problème sans faire trop de vagues et sans prendre de risques.
Conclusion
Cette fois je m’arrête. Bravo à ceux qui ont lu jusqu’au bout et merci !
Je vais bien, même s’il y a des jours avec et des jours sans. Mon boulot me plaît, c’est difficile parfois, mais je sais pourquoi je le fais.

D’ailleurs, je viens de recevoir mon nouveau contrat et je suis là pour encore un bon moment. J’ai accepté de rester jusqu’à la fin du projet donc jusqu’à fin décembre. Franchement ça se refuse pas ! Et puis j’ai un break France au mois d’octobre, je serais de passage pendant deux semaines.
Dans un mois je retrouve mon chéri en Thaïlande pour une semaine de vacances de rêve, je compte les jours ! (et oui en fait j’ai deux choses dans la tête !!!).
Je vous embrasse tous très fort.
A bientôt.
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Publié à 12:01, le 4/07/2008, Mots clefs : |
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Salut tout le monde !
Deux nouvelles semaines se sont écoulées paisiblement….
Je reprends donc mon petit rituel hebdomadaire d’écriture avec plaisir et un peu de retard aussi!
Le précédent article vous annonçait que j’avais fais mes premiers pas sur le chantier de reconstruction, c’est donc par cet évènement que je vais commencer.
Vendredi 16 mai, 14h30 : Départ pour Baijora
Depuis mon arrivée j’étais impatiente de me rendre dans ce petit village et de pouvoir mettre quelques images sur tous ces chiffres que je manipule toute la journée. J’ai donc profité de mon dimanche à moi pour aller y faire un tour avec Jean-Pierre, le roi de la reconstruction (20 ans de terrain, ça aide !).
Baijora est un petit village situé à une dizaine de kilomètres au sud de Mathbaria, accessible uniquement en 2 roues ou rickshaw depuis Sapleja (autre petit village à mi-chemin). C’est donc installés sur un rickshaw plateau que nous nous mettons en route sur le chemin pavé qui borde le canal. Une ballade agréable, un peu secouante, mais la vitesse de croisière du rickshaw est idéale pour admirer le paysage. Voir trimer le rickshawman pour nous trimballer sous un soleil de plomb, le voir mouiller sa chemise les mollets tendus, en danseuse sur ses pédales et luttant avec son dérailleur sans vitesse tout pourri….rend la ballade un peu moins « magique ».
Mais bon il va falloir s’habituer, au Bangladesh la moitié de la population transporte l’autre moitié sur ces drôles d’engins. C’est un moyen difficile de gagner sa vie, mais ça permet à plusieurs centaines de milliers de bangladais d’avoir un boulot et un salaire…de misère….mais un salaire.
Donc après 2 ou 3 kilomètre sur ce chemin pavé, nous arrivons à la warehouse (entrepôt pour stocker les matériaux de construction et qui sert aussi d’atelier pour les charpentiers).

Devant la warehouse, voici Sycket notre storekeeper, c’est lui qui est en charge de la gestion des stocks et de l’atelier.

Et ça c’est la maison modèle. C’est à ça que ressembleront les maisons qui vont être construites sur les fondations en terre (enfin presque parce que nous leur laisseront les maison sans les murs…problème de budget…Mais on va essayer de trouver un moyen de leur procurer au moins les tôles nécessaires avant de partir).
On doit en construire 460 d’ici fin Décembre. Le projet comprend aussi la réhabilitation d’environ 200 autres maisons (le cyclone SIDR remonte quand même à novembre dernier et beaucoup de villageois ont déjà commencé à reconstruire leur maison avec les moyens du bord, notre travail sera surtout de la consolidation), la construction d’une école communautaire, la réhabilitation d’une autre, la construction de bateaux pour les pêcheurs du village et d’autres choses pas encore déterminées pour relancer l’activité économique de la zone.
Après la warehouse direction le village de Baijora. Hop on remonte sur un rickshaw, le rickshawman a des yeux…magnifiques. Bleus-verts très clair…avec son teint bien mat, on ne voit que ça. Ce n’est pas rare de voir des bangladais avec de beaux yeux clairs mais toujours aussi impressionnant (t’inquiète mon chéri, c’est toujours toi le plus beau !)
Ici la notion de village est différente de la notre. Un village ne comporte pas forcément un centre et n’est pas forcément un groupement d’habitations dans une zone précise ; c’est plutôt des tas de petits groupements de maisons éparpillés dans une zone assez vaste et regroupés sous l’autorité d’un chef de village ou community lea der. Et voici à quoi ressemble une maison typique de la région :
Comme vous pouvez le voir, les maisons qu’on va reconstruire ressemblent beaucoup à celle-là. Elles respectent le style de construction ainsi que les matériaux utilisés mais proposent juste une amélioration « technique », c'est-à-dire qu’elles sont anticyclonique et ne s’envoleront pas (ou du moins pas entièrement) au prochain caprice de dame nature ! En plus elles seront faciles à prendre en exemple par les populations de la région puisque faites uniquement avec des matériaux disponibles par ici et peu coûteux.
Triste constat
Je m'attendais à voir une zone dévastée...des arbres couchés sur le sol, des morceaux de tôles de tous les côtés...ce qu'on peut imaginer des dégâts causés pas un cyclone. Mais non, tout ça n'est plus là, c'est vrai que 6 mois déjà se sont écoulés, le nettoyage a déjà été fait par les premières ONG arrivées sur les lieux dans les premières semaines après SIDR et par les habitants eux-mêmes.
Par contre après tout ce temps, la plupart des gens vivent encore dans des abris de fortune bâtis justement avec les "restes" de leurs anciennes maisons et autres débris trouvés par ci par là : des morceaux de tôles pour les plus chanceux, des bouts de plastiques et des feuilles de palmiers pour la majorité. Des abris tellement petits qu'ils permettent juste de s'allonger pour la nuit, et si précaires qu'ils risquent de s'envoler au moindre coup de vent...
Et ça fait 6 mois que ces gens là vivent comme ça...qu'ils attendent que nos belles paroles se concrétisent, qu'ils voient la saison des pluies approcher à grands pas et toujours pas l'ombre d'une maison à l'horizon...
Et pourtant c'est pas faute de faire de notre mieux, d'avoir essayé dêtre rapide, mais qu'est ce qui bloque l'avancée des travaux et le démarrage des projets? La recherche de financements, les bailleurs qui mettent 4 mois avant de donner leur accord, les procédures administratives à n'en plus finir, des contraintes et obligations qui pèsent sur les ONG dans ce pays, bref on se demande parfois si on veut de notre aide...et si on nous donne vraiment les moyens de le faire...
Mais ça y'est enfin, on avance et d'ici une semaine ou deux les 50 premières maisons devraient voir le jour. Les habitants de Baijora sont toujours motivés et volontaires, ils n'ont pas perdu confiance en ce projet. Bravo à eux!

Encore quelques km sur le rickshaw, et on fait demi-tour pour rentrer à la maison.Je repars sous un beau coucher de soleil, la tête pleine de réflexions, de questions...en repensant à ces gens qui vivent dans des conditions tellement difficiles, sous la menace permanente des intempéries et qui ne baissent pas les bras, qui gardent le sourire et continuent d'avancer.
Fin du weekend.

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Publié à 06:28, le 29/05/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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J'ai mis les pieds sur le terrain pour la première fois vendredi dernier, enfin!
Voici un petit aperçu de l'avancé des travaux. Pour l'instant seules les fondations des premières maisons ont été réalisées. La construction des structures en bois et du toit débutent cette semaine. La suite au prochain épisode.

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Publié à 11:43, le 20/05/2008, Baijora Mots clefs : |
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Voila ca fait deux semaines tout pile que je suis partie...2 semaines qui me paraissent une éternité, et pourtant j'ai aussi l'impression d'être partie hier!
Que s'est-il passé depuis la dernière fois? A la fois des tas de choses et presque rien...
J'ai fait la connaissance des seuls autres blancs de Mathbaria. Ils sont 2, ce sont des français qui travaillent pour l'ONG Solidarités et qui mènent un projet de sanitation. Ils ont installés une station de purification de l'eau dans le village et ne sont plus là pour très longtemps. La copine de l'un d'entre eux était venue passer quelques jours de vacances ici (comme quoi l'amour ça fai faire vraiment n'importe quoi!). Destination orginiale et dépaysante pour des vacances, si ça tente quelqu'un?
Donc petite soirée bien sympathique, perchés sur le toit -terrasse, à boire des bières chaudes! mais des bières quand même!
Au boulot !

Et le lendemain, démarrage de ma première semaine de boulot. Comme je vous l'ai dit ici les journées vont au rythme des coupures de courant, et les batteries des oridnateurs n'étant pas inépuisables, j'ai passé presqu'une journée entière à....coller des timbres! (timbres fiscaux à coller sur chaque facture de plus de 5 euros et il fallait rattraper le retard depuis février!).
Cette semaine de travail à dans l'ensemble consistée à mettre à jour les différents dossiers administratifs et financiers. Beaucoup de paperasse...mais c'était indispensable pour repartir sur de bonnes bases. Le Bangladesh (pays le plus corrompu au monde) est ultra contraignant au niveau administratif et le travail des ONG internationales est contrôlé de A à Z par le nouveau gouvernement qui essaie de rétablir un peu l'ordre...Comme le système a changé depuis peu, il a été très difficile à Caroline de trouver les bonnes informations dès le départ, ce qui explique le retard à rattraper.
J'ai également eut l'occasion de découvrir les banques locales!!! Folklo, je vous assure! Evidemment, elles ne sont pas informatisées, donc c'est un fouillis de dossiers empilés par ci par là, sur des tables, par terre, dans des énormes sacs...bref je leur confierai pas la gestion de mon compte! Seule ressemblance avec les banques de chez nous : le temps d'attente! Quelle lenteur, on est restés 1h30 pour avoir 3 coups de tampons sur nos papiers....Heureusement comme là encore j'ai été le centre d'attention de tous les clients et de tout le personnel, j'ai fait la causette (c'est beaucoup dire...vu l'anglais approximatif et l'accent à couper au couteau de la plupart des gens ici...mais bon les questions habituelles "which country", "turist?","how long in Bangladesh?", "You like Bangladesh?" et Thank you bye bye!!) et j'ai été conviée à boire le thé avec un monsieur qui je suppose devait être le responsable de l'agence puisque c'était le seul qui ne travaillait pas!
Voila donc non seulement les démarches administratives sont extrêmement lourdes et contraignantes mais en plus il faut une demi journée pour une formalité bancaire! Ca promet, je vais apprendre la patience...et boire beaucoup de thé!
Et à part ça?
1) J'ai fait recoudre mon pantalon que j'avais déchiré en me faufilant entre les gros camions sur le ferry. Pour 120 taka (1,20 euros faut voir le travail qu’il a fait ! ils rigolent pas avec la qualité les couturiers ici !)
2) J'ai bu une noix de coco muuuum! c'est bon mais on n'imagine pas la quantité de liquide qu'il peut y avoir la dedans, j'ai cru que je pourrais jamais finir...et comme on la boit debout devant le marchand, il faut boire vite et d'un coup...bref il a du me prendre pour une débutante que je suis d'ailleurs! mais bon on a crée la petite animation de la soirée, au moins 15 personnes autour de nous, à nous regarder boire notre noix de coco!
Ce soir la une petite fille de 10 ou 12 ans avec un bébé dans les bras, nous a suivi tout le long de notre petit tour de marché. Et d'un coup j'ai senti une main sur mon bras...je me retourne et elle rigole. Elle m'avait juste touchée comme ça pour voir de quoi j'étais faite! Il parait que c'est assez courant ici, Caroline me racontait qu'un jour des femmes sont entrées dans l'appart, sans frapper ni rien et qu'elles se sont mis à faire tout le tour, à regarder dans toutes les pièces, dans les placards, dans le frigo, dans les sacs...partout! et puis qu'elle se sont mis à la "tater"!! Incroyable mais vrai...
3) On a mangé une oie ! Si je vous dit ça c’est parce qu’on nous l’a livré à domicile et qu’elle a passée la journée dans la cuisine. Du coup de la voir le soir dans notre assiette, ça fait un peu bizarre. C’est qu’on a plus l’habitude de voir en personne les animaux vivants avant qu’ils se retrouvent à la casserole ou dans des barquettes de supermarchés ! J’aurai bien pris une photo mais j’avais plu de piles…(oui je sais ce que beaucoup sont en train de se dire….alors pas de commentaires !)
4) On a mangé dans un boui-boui du village. Dégueulasse. Pas la bouffe, non non c’était super bon une espèce de chausson fourré à l’omelette et aux oignons, mais l’endroit ! Ma pauvre maman, t’aurais même pas voulu t’asseoir dans un endroit pareil ! Faut être un peu roots ici quand même !
5) J’ai failli oublié….j’ai vu une araignée ! Dans la cuisine, une grosse sur le mur…vous auriez tous été impressionnés par mon self-control. Si si je vous assure, j’étais complètement paniquée à l’intérieur mais je me suis retenue pour pas avoir trop la honte quand même ! Mes collègues-colocs, trop sympas, on essayé de la virer à coup de balai (pendant que je m’étais réfugiée dans ma chambre !) parce qu’ils ne tuent pas les bestioles (sauf les supers blattes volantes trop cracra !). Mais bon elle s’est planquée et donc elle était toujours dans la cuisine. Je n’y ai pas remis les pieds de la soirée, je leur faisais passer les assiettes et les plats mais pas moyen que je franchisse la porte !
J’ai dit que je m’étais maîtrisée pour avoir l’air moins bête pas que j’étais devenue courageuse !
6) J’ai transpiré !
Voilà voilà, mes aventures de la semaine ! Je suis désolée de ne pas pouvoir mettre plus de photos pour illustrer tout ça mais ici c’est pas évident de sortir son appareil photo…en tout cas moi pour l’instant j’ose pas, je veux pas mettre les gens mal à l’aise…
Donc les seules nouvelles photos que pourrez admirer sont celles de l’appart, des bureaux…pour l’instant !
Cet après midi je pars avec Jean-Pierre à Baijora, voir le chantier, enfin ! Vous en saurez plus la prochaine fois !
Comme dit dans le titre, je suis en immersion totale, l’adaptation se fait tout doucement, j’ai quand même du mal à réaliser que je vais être là aussi longtemps…, mais dans l’ensemble ça va. Je ne suis pas malade (même pas une petite tourista !), je ne me fais bouffer par les moustiques, je mange à ma faim, ma maison ne risque pas de s’envoler au moindre coup de vent, je dors sur un lit avec une moustiquaire, je bois de l’eau fraîche…alors le reste…
Je vous embrasse tous très fort !
A bientôt
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Publié à 11:16, le 16/05/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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Salut tout le monde!
Voila ça fait déjà presque une semaine que je suis au Bangladesh. Je vais essayer de vous faire faire le tour de ces premiers moments de découverte et d’adaptation.
Arrivée à Dhaka
Je suis arrivée comme prévu le samedi matin vers 6h et j’ai passé les contrôles de l’aéroport sans problème avec mon sauss, mon pinard et mon fromage ! Faut dire qu’ils sont pas très tatillons, personne pour regarder l’écran de l’infrarouge ! Tous mes bagages étaient là et sains et saufs. Même si j’avais pas dormi pendant le vol très confortable d’ailleurs, pas de signe de fatigue, le stress prenait le dessus sans doute ! En sortant de l’aéroport la chaleur me tombe dessus et pourtant il n’est que 7h du mat ! Welcome to Bangladesh ! Je cherche Caroline qui devait m’attendre à mon arrivée mais personne en vue, donc j’attends. Et je découvre la gentillesse et la curiosité des bangladais. Plusieurs à tout de rôle s’approche de moi pour me demander si je veux un taxi, pour savoir d’où je viens, ce que je viens faire ici… « Which countrrry ? », « First time in Bangladesh ? », « Turrrist ? »…puis comme ils me voient un peu perdue et toujours seule ils me proposent leur portable pour passer un coup de fil. Je finis par accepter et Caroline me dit que comme on est samedi ils ont du mal a trouver un taxi, ils seront là dans 20min. Un bangladais me tient compagnie et me fait la conversation dans un anglais pas facile à comprendre…évidemment il finit par me demander « Arre you marrried ? » !!
Caroline et Jean Pierre finissent par arriver, ouf ! et hop on monte dans le taxi direction la Guest House (hôtel où ils vont à chaque déplacement sur Dhaka). On prend un ptit dej et j’appelle ma maman pour la rassurer et qu’elle puisse rassurer tout le monde ! Puis une petite douche et on pars avec Caroline chercher un bar pour se poser et faire mon briefing. On atterri dans un grand hôtel 5 étoiles minimum, avec la clim et du jus de fruit ! Un peu surprenant de se retrouver la dedans, mais bon les bars normaux n’ouvrent pas si tôt le matin !
A midi on mange dans un resto italien…pas très typique non plus mais dès qu’ils sont à Dhaka ils en profitent pour manger tout ce qui est introuvable à Mathbaria. Puis l’après midi on rentre à l’hôtel, en s’arrêtant manger une glace et faire tour dans un magasin d’artisanat (je vais rentrer les valises encore plus pleines qu’à l’aller !). Petite sieste et on se retrouve le soir pour manger …un cheeseburger !!!!
Le lendemain, après avoir très peu dormi ( je me demandais ce que je fouttais la !), direction les bureaux de Handicap International (en CNG – voir photo) pour faire connaissance avec l’équipe qui travaille à Dhaka et faire le point sur certains problèmes administratifs. Ca y’est je suis dans le vif du sujet, je réalise que je suis là pour le boulot et ça me fait enfin atterrir !
Le soir on prend un rickshaw (voir photo) pour aller dans un des rares bars qui servent de la bière ! Endroit plutôt malsain d’ailleurs, assez sombre et uniquement masculin, pays musulman oblige. Les gens se « cachent » pour boire. Mais bon ça fait du bien une petite mousse bien fraîche !
On rentre à l’hôtel et départ prévu le lendemain 7h.
Dhaka - Mathabaria
Après ces 2 premiers jours à Dhaka, on prend donc la direction de Mathbaria au sud-ouest du pays, petite ville ou je vais passer ces 3 prochains mois. Ce n'est qu'à 200 et quelques kilomètres de Dhaka et pourtant il nous a fallu 12h de route pour y arriver!!!!
Route goudronée + ferry + re route goudronée + route complètement défoncée pendant 2h! au moins j'ai vu du pays et heureusement on avait la clim dans la voiture (voiture qu'on loue au mois et ici c'est toujours avec chauffeur et tant mieux parce qu'il faut vraiment être fou pour prendre le volant dans ce pays! notre chauffeur s'appelle Malek, et il parle un anglais très limité donc la communication avec lui est presque inexistante... dommage mais je vais découvrir très vite que ça va être le cas avec la plupart des gens que je vais rencontrer...).
Donc je disais qu'il faut être fou pour conduire au Bangladesh, il y a de tout sur les routes : voitures, bus et camions, jusque la tout va bien (quoique les bus sont complètement barges, ceux qui ont voyagé en afrique ou en amérique latine comprendront de quoi je parle! monter dans un bus bangladais c'est vraiment mettre sa vie en danger et d'ailleurs les expat sont interdits de bus), mais aussi rickshaw à gogo (il parait qu'il y en a plus de 600 000 juste dans Dhaka) et CNG ou tuk-tuk ainsi que des motos, des vélos et des tas de piétons qui essaient tant bien que mal de se frayer un chemin dans tout ce chaos! Et dès qu’on sort de la ville viennent se rajouter les vaches et les chèvres !
En plus de tout ce traffic, il y a le concert ou plutôt la cacophonie de klaxons ! Ici on klaxonne pour tout…pour prévenir qu’on est la, pour dire de dégager le passage, quand on double, quand on s’insère, quand on croise un autre véhicule ou des piétons sur le bord de la route….en gros ça ne s’arrête jamais !!

Arrivée à Mathbaria et découverte de la maison
Voila donc après cette épopée, on arrive enfin à Mathbaria et je découvre les lieux ! J’étais quand même impatiente de voir à quoi ressemblait la maison…parce que celle que j’avais pu voir le long du trajet m’inspiraient pas vraiment… ! Mais la nôtre ça va, c’est une maison en dur et on occupe le deuxième étage. En dessous les bureaux et logements d’une ONG locale ASA, et sur le toit une terrasse aménagée ou vivent le propriétaire et notre chauffeur. Il y a 5 pièces plus la cuisine, la chambre de Caroline ( ma responsable ici qui occupe le poste d’Administrateur/Logisticienne), la chambre d’Antoine, chef de projet (que je vais occuper pendant ses vacances en Thailande c'est-à-dire jusqu'à dimanche ou lundi) et qui a sa propre salle d’eau (voir photo), le salon ou se trouvent également une partie des bureaux, et une autre pièce pour les bureaux. La troisième chambre occupée par Jean Pierre, deuxième chef de projet, est sur le palier et donne sur une terrasse où on étend le linge. On a une autre petite terrasse ou on mange midi et soir ! Voila donc c’est une maison bureau, ce qui veut dire qu’on reste H24 dans le même endroit…et aussi que les employés bangladais viennent travailler ….dans notre appart ! En plus de ça quand Antoine va revenir, il va bien sur récupérer sa chambre et je vais me retrouver dans le salon derrière des jolis rideaux rouge ! Ca sera temporaire puisque Jean Pierre ne reste que jusqu’à fin mai.
Pour vous donner un peu plus de détails sur les conditions de vie dans le coin on a l’électricité (quand il n’y a pas de coupure ! il y en a environ 2 par jour et elle peuvent durer de 30min a plus de 12h !), chaque pièce est équipée d’un ventilateur au plafond qui marche tant qu’on a du courant !!!!!, on a deux salles de bain + wc et l’eau provient d’un réservoir sur le toit approvisionné à l’aide d’une pompe à eau qui pompe directement dans les rivières ce qui veut dire eau plutôt trouble, un peu verte et pas vraiment fraîche…mais qui dit pompe à eau dit ? éléctricité !!!donc on fait des réserve dans des bidons pour pouvoir se doucher en cas de coupure !
Sinon la cuisine est bien équipée : frigo +congélo, four éléctrique, bouilloire, et bouteille de gaz. On a une cuisinière qui nous prépare les repas de midi et du soir (sauf les weekends) et qui s’occupe aussi du ménage et de laver le linge.
Dès la tombée de la nuit c’est l’invasion d’insectes de toutes sortes, mais pour l’instant pas de grosse frayeur et pas de piqûre de moustique non plus ! j’ai tué deux énormes cafards volant sans paniquer c’est vous dire comme je m’adapte !!!!! mais bon la nuit ça fait quand même bien flippé tous ces bruits…heureusement que je suis à l’abri sous ma moustiquaire sinon je fermerais pas l’œil !!!
Comme vous vous en doutez il fait une chaleur….humide ! pô facile mais je m’habitue, le premier jour à Dhaka j’ai cru que j’allais mourir…en plus on a pas mal marché c’était intenable mais la nuit à l’hotel il y avait la clim !! C’est en arrivant ici que je me suis aperçue que la température ne baissait jamais ! et comme souvent le soir il y a coupure de courant…ciao le ventilo ! au moins ça fait éliminer !!!!
Première journées de boulot et premières sorties dans le village
La première journée de boulot démarre un peu au ralenti pour cause de panne de courant…donc pas d’ordi ! Je fais la connaissance de mes collègues bangladais : Babu, assistant administrateur, on va beaucoup travailler ensemble ; Sohel, assistant logisticien qui partage notre bureau mais qui travaille plus avec Caroline et Zia, project manager qui lui a son bureau dans le salon et qui travaille surtout avec Jean Pierre et Antoine sur le chantier. Tous on l’air très sympa et au moins ils parlent anglais !
Pour l’instant niveau boulot je ne suis pas encore vraiment rentrée dedans, on fait le tour des dossiers, des problèmes à résoudre (et ils sont nombreux !),…mais ça va vraiment démarrer la semaine prochaine je pense, le temps de prendre mes marques.
Après le boulot, Caroline a pris l’habitude d’aller faire un tour dans le village pour faire quelques courses et surtout histoire de prendre l’air. Donc je l’accompagne emmitouflée dans mon foulard ! Contrairement à ce que je pensais, on trouve de tout ici. Il y a pleins de petits bouiboui , un peu comme un zouk, organisés par type de métiers : alimentation, pharmacie, tissus, pièces détachées, menuisiers, poissonniers, épiciers, boulanger,….C’est sur que niveau nourriture le choix reste limité mais on trouve quand même du pain de mie et du pain traditionnel (roti = galette fine un peu comme le pain indien mais malheureusement pas aussi bon !), des petits gâteaux, des sodas, des fruits, des légumes (très différents des notre d’ailleurs), de la viande, du poisson, des fruits de mer, des œufs, des chips, des bonbons,…bref c’est plutôt une bonne nouvelle !
Donc comme je vous l’ai dit Caroline a pris ses petites habitudes et on fait le tour de ses commerçants fétiches et à chaque arrêt on se retrouve encerclées par une bonne dizaine voire plus de personnes qui se plantent là et nous regardent ! Ca fait un peu bizarre mais va falloir s’habituer parce qu’elle ça fait 3 mois qu’elle est là et c’est toujours pareil ! Je crève de chaud sous mon foulard mais je ne me plains pas parce qu’ici de nombreuses femmes sont couvertes de la tête au pied et elles elles doivent vraiment avoir chaud sous leur habits noirs et sous leur voile. Beaucoup portent le voile « intégral » , on ne voit que leur yeux et encore elles mettent des lunettes pour se cacher encore plus… (difficile à accepter qu’on puisse imposer ça à ces femmes) mais ce n’est pas la majorité. La plupart portent des vêtements colorés, qui recouvrent les jambes et les bras mais n’ont pas de voile, simplement le foulard traditionnel sur les épaules. Les hommes eux sont bien plus à l’aise, la tenue locale c’est un bout de tissu porté en jupe dont j’ai oublié le nom et rien d’autre ! C’est sûr que eux ils risquent pas de crever de chaud !
Visite chez notre partenaire : SBGUP
Sur le projet de reconstruction et de relance des activités économiques et éducatives on travaille directement avec une ONG locale qui s’appelle SGGUP et dont les bureaux sont dans un village a 10km de Mathbaria et hier on est allé leur rendre visite pour récupérer des factures blablabla…
Ils nous on offert une spécialité locale, une pâtisserie…une espèce de boule blanche ultra sucrée et juteuse…bien dégueu mais bon fallait la manger ! j’espère qu’on ira pas trop souvent !!!
La route pour aller jusque la bas est vraiment belle, les paysages magnifiques je prendrais des photos la prochaine fois.
Maintenant je suis impatiente d’aller jusque sur le chantier, au village de Baijora encore un peu plus au sud et voir à quoi ressemble tout ca ! Voir l’avancée des travaux, le résultat ! C’est prévu pour samedi matin !
Conclusion
Voila je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, c’est déjà pas mal, j’espère ne pas vous avoir ennuyé avec tout ça.
Merci à tous ceux qui m’ont laissé des ptits messages (Sylvain c’est moi qui ai trouvé le nom du blog ! mais c’est Tonton qui me l’a soufflé), ça fait bien plaisir alors n’hésitez pas à continuer comme ça.
Je vais bien, je suis en pleine adaptation. C’est un univers complètement différent, on voit des choses pas faciles, les gens n’ont rien ici, ils vivent dans des conditions bien difficiles et je suis une privilégiée dans ma maison en dur !
Je pense très fort à vous tous et je vous envoie plein de bisous !!!
A bientôt.
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Publié à 11:17, le 8/05/2008, Mathbaria Mots clefs : |
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